Armée (Les Grands Articles d'Universalis)

 

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ISBN : 9782341007160

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Armée (Les Grands Articles d’Universalis)


Introduction

Les structures des armées et leur volume ont varié au cours des périodes historiques. Il est difficile de définir, avec exactitude, les différents types d’armées, les désignations ne recouvrant pas des caractères identiques selon les époques et la localisation géographique.

1. Différents modes de recrutement

En partant de ce critère, on peut distinguer :

– les armées nationales, les milices ;

– les armées féodales ;

– les armées permanentes ;

– les armées de métier, les mercenaires.

Ces appellations ne s’excluent pas les unes des autres : les mercenaires sont gens de métier, mais une armée de métier peut être nationale par son recrutement ; une certaine organisation des milices constitue parfois une armée semi-permanente (l’armée suisse au cours des deux guerres mondiales), alors que les armées féodales, par nature, ne sont pas permanentes, mais rassemblées, occasionnellement, pour de courtes périodes.

• Armées nationales

Dans son sens le plus large, la notion d’armée nationale implique la notion de recrutement national des citoyens et, en même temps, de participation consciente de toute la population à l’égard de l’armée. Dans l’Occident européen, les armées des cités antiques sont ainsi des armées nationales, d’où sont exclus cependant les prolétaires, les membres des peuples soumis, les esclaves. Elles oscillent entre l’armée de métier permanente nationale (Sparte) et la milice nationale, quand l’armée disparaît pratiquement, le péril passé, chacun retournant à ses occupations. Le service militaire, pour la défense de la cité, est plus une obligation morale qu’une contrainte. Face au danger, les levées sont plus ou moins totales, selon la nature et l’étendue de la menace ou de l’expédition. Chez les peuples nomades, à la même époque, tout homme libre est guerrier ; la société tribale, comme la cité antique à ses origines, se confond avec l’armée. Ce sont les Germains, en Europe ; les Huns, les Arabes, en Asie. Ces peuples constituent ainsi des armées nationales qui se distinguent peu de la foule armée.

Le terme d’armée nationale est repris aux Temps modernes, quand le recrutement fait appel, de façon plus ou moins sélective et temporaire, aux citoyens de l’État ou aux sujets du Prince. L’armée prussienne de Frédéric-Guillaume Ier et de Frédéric II est déjà une armée nationale, comme l’est aussi l’armée française, avec un caractère moins affirmé, au cours de la guerre de la Succession d’Espagne, ou durant la guerre de Sept Ans.

Mais c’est la Révolution française qui instaure, avec le service obligatoire, la mise en œuvre des armées nationales, qui, devenues armées de masse, connaîtront leur apogée au cours des deux guerres mondiales.

• Armées de milices

Le système des milices constitue une forme de service militaire national, dont la période active est réduite au minimum. Quand elles mobilisent de véritables citoyens, animés d’un patriotisme affirmé, instruits et entraînés au cours de périodes d’exercices fréquents, elles forment une organisation militaire rationnelle et éprouvée. Les armées des cités antiques sont des milices modèles ; à un moindre degré, les milices des petites républiques communales du Moyen Âge (Italie, Alsace, Rhénanie, Flandres, France...). Les grands empires orientaux de l’Antiquité ont usé des milices. Mais, en général, les milices servent d’appoint à des armées permanentes, ou bien elles s’organisent autour d’un solide noyau de cadres professionnels, qui constituent la charpente permanente de l’armée.

Le système militaire suisse depuis plus de cent ans, avec un effectif infime d’officiers de carrière, demeure un modèle inégalé. Il le doit au civisme remarquable des populations de la Confédération helvétique, dont l’apprentissage de la démocratie remonte au XIIIe siècle, et aux traditions d’un long passé militaire, dues aux « traités », ou « capitulations », des Cantons avec les États européens, et notamment au traité d’alliance perpétuel avec la monarchie française. Mais cette armée est aussi celle d’un État neutre, de dimensions restreintes, et qui ne prétend pas mener une politique extérieure d’envergure.

• Armées féodales

Les armées féodales sont constituées par la réunion temporaire de petits groupes de vassaux, sous l’autorité du suzerain pour une opération donnée. Autour des représentants de la classe noble, rompus à l’équitation et au maniement des armes, ces rassemblements momentanés, bien qu’articulés selon la hiérarchie sociale, manqueront toujours de l’entraînement et de la cohésion qui s’acquièrent par la pratique des exercices d’ensemble et de la vie en commun.

Si ce système d’armée évoque à l’esprit la chrétienté médiévale de l’Occident, il correspond aussi à une étape de l’évolution de la plupart des sociétés humaines ; on le trouve chez les peuples d’Orient et d’Extrême-Orient depuis l’aube des temps historiques. Il sévit au Japon jusqu’au Meiji (1868).

• Armées permanentes

Au Moyen Âge, les ordres religieux militaires occidentaux ont représenté une exception, qui se dégage de la masse féodale : tels sont les Hospitaliers, Templiers, chevaliers de Rhodes, puis de Malte, chevaliers de Saint-Jacques, chevaliers Teutoniques. Leurs troupes instruites, maintenues sur le qui-vive, sont le microcosme des armées permanentes encore à naître.

L’affirmation et l’extension de l’autorité des grands suzerains, des souverains, de puissantes républiques urbaines, comme Venise ou Florence, le progrès des techniques, la naissance de grands États rivaux imposent la nécessité de contingents soldés, nationaux ou étrangers, liés par des obligations de service à long terme.